Un sourire après un pansement  Envoyer
Écrit par Anne-Sophie   

des rires à la guérison, le bonheur à chaque fois…

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7 ans déjà… Un premier voyage, une école à construire, des murs à peindre, carrelages à placer, volets métalliques à poncer…

Ne surtout pas oublier le « sac à dos médical» en cas de blessure ! Il vaut mieux être équipé car en brousse, on ne trouve déjà pas d’eau dans la seconde, alors du désinfectant et du sparadrap…

Dès le premier jour, mon sac de secours va servir : pas pour l’un d’entre nous mais pour un enfant du village !

 

Une maman bascule sur son épaule un petit garçon de 2 ans, baisse son petit short et découvre une blessure qui a tout l’air d’une escarre bien abimée…

Gloups… Il n’y a plus qu’à comme on dit…

Un peu de désinfectant, de l’Isobetadine en gel et une compresse plus tard, je demande à la maman de revenir le lendemain pour changer le pansement.

Elle sera là au rendez-vous… accompagnée de toutes les autres mamans dont les enfants ont une plaie, une brûlure ou autre coupure à soigner…

IMG_1199Quelle belle surprise de confiance envers les Toubabs (touristes) que nous sommes… En quelques heures, c’est tout le village qui est décoré de pansements blancs, l’un sur la tête, l’autre sur la jambe ou ailleurs et tous les autochtones qui rient et se moquent parfois des enfants drôlement décorés…

Mais surtout quelle motivation après 24 h ! L’escarre du petit gars est complètement transformée grâce à l’Isobetadine ! Impressionnant mais surprenant ! Rendez-vous est refixé aux jours suivants et de plus en plus de monde… même les adultes osent approcher…

Ce sont donc ces soins qui vont rythmer ce séjour et les suivants au fil des ans…

Nous découvrons de nouveaux villages encore plus loin en brousse. Il faut dire aussi que le « Tam-tam » fonctionne bien ! Le message passe partout : des toubabs soignent et aident les gens malades…

Un jour une petite fille de trois ans dont le pagne avait pris feu plusieurs semaines auparavant et qui avait une cuisse complètement brulée qui ne cicatrisait pas, une autre dont l’abcès sur le haut du front l’avait défigurée et nécessité une intervention chirurgicale, des maladies cutanées infectées guéries avec succès dès que nous avons trouvé la pommade adéquate, un accouchement de nuit à la lueur d’une bougie… Et tant d’autres !

Le plus drôle est cette force qui dans mon cas me permet de « poigner dedans » comme on dit… Alors que c’est parfois un cas « bien arrangé »… Alors que dans la vie de tous les jours je n’ai jamais pu regarder une plaie grave… Et là, rien ne nous arrête, ils ont tant de confiance et d’espoir dans les yeux qu’il faut foncer… et on est toujours récompensé… Et puis, je ne suis jamais seule ! Mes amies de voyage se chargeront de souvenirs en me lisant ! Merci les filles !

Notre maison au village devient rapidement un dispensaire… Ca défile !

Nous devons dès lors mettre une organisation en place :

Pour les voyages suivants, récolter des compresses, sparadraps, rouleaux de pansements élastiques collants, désinfectants, pommades, gel etc…

nos photos sénégal 003nos photos sénégal 066Toutes sortes de médicaments courants : antidouleurs, anti-inflammatoires, anti-diarrhée, toutes sortes de crèmes pour soigner les brûlures ou les douleurs musculaires, des vitamines, du fer (très utiles pré et post accouchement), des gouttes contre les rhumes et la conjonctivite…

En Belgique aussi notre « tam-tam » fonctionne : nous récoltons tout et les médicaments trop spécifiques, nous les donnons au dispensaire de Nianing et à la pédiatrie de Warang, village tout proche.

Tout ce matériel récolté nous permet d’honorer le plus possible d’ordonnances en ne devant pas tout acheter à la pharmacie là-bas.

L’argent ainsi économisé nous donne la possibilité, outre les différents projets présentés sur le site www.sénégalité.be , d’envoyer des cas très graves à l’hôpital de Thiès (près de 3h de route !).

Savez-vous que pour une maladie ou une plaie considérée banale chez nous, le manque de soin là-bas entraine parfois de graves complications ? Pourtant ils n’ont pas les revenus suffisants pour faire soigner l’enfant ou le parent… Alors soit c’est Inchallah, soit ils vendent un bien, demandent aux voisins, échangent quelque chose afin d’entamer un traitement.

CIMG5931De toubabs, nous n’avons plus que la couleur… Dans tous ces villages, ils nous connaissent, nous accueillent… Nous font même entrer dans leurs cases… Un honneur et un partage magnifique !

Quel plaisir au fil des voyages de retrouver tel ou tel enfant guéri… Quelle grande envie de les aider encore… Des vêtements, du riz, un puits au bord du village, une école, du matériel scolaire, médical, sportif,…

Et, surtout, pour leur avenir et le développement de leurs villages : les scolariser !

C’est là aussi le plus bel écho de notre tam-tam en Belgique : vos parrainages !

Quelle fierté pour l’enfant, quel soulagement pour les parents ! Merci !

En tous cas, cette première journée en brousse en janvier 2005 aura été la première d’une longue série avec de chouettes résultats et de belles rencontres : parfois 2 heures à pieds en pleine brousse pour rejoindre un village, parfois sur une charrette tirée par un âne ou un cheval et conduite par un jeune du village qui gagne ainsi sa vie, plus loin encore lorsqu’on a acquis un voiture tous-terrains …

Et surtout partager ces aventures avec des amis et amies qui nous ont accompagnés, qui ont ri ou pleuré avec nous… Avec un sentiment d’humanité, d’humilité et de chance incroyable de le « vivre en vrai »…

Comment vous transmettre ce bonheur, cette chance, ces sentiments, ces impressions riches de rencontres et de réalisations ?

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Au-delà de cet article, j’espère que vous aurez capté un peu de soleil et de la chaleur du Sénégal, mais aussi pris conscience de la fabuleuse chance que vous donnez et partagez avec les enfants parrainés…

Que 2012 enrichisse ces échanges et vous apporte autant de bonnes choses qu’à eux…

 

Anne-Sophie

ASKnauff

 

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